Carnet de bord

« C’est la monnaie qui dirige le monde… »

C’est en citant le refrain des Neg’Marrons, que j’introduis mon billet. Oui, c’est bien « la monnaie qui dirige, qui dirige la terre« , de tout temps l’argent est une valeur prédominante de nos sociétés. Je ne vais pas vous refaire l’histoire, je la détaillerai dans peut-être dans l’un de mes articles. Depuis la fin de la seconde guerre, nous assistons à une chute en avant de notre modèle économique et à ses dérives. 

Ces dérives prenant le pas sur la raison. Le sujet est passionnel, les uns vont dire que c’est honteux et d’autres dire que c’est merveilleux. Oui, c’est bien « la monnaie qui dirige, qui dirige la terre « , de tout temps l’argent est une valeur prédominante de nos sociétés. C’est un fait. Je ne vais pas vous l’apprendre, mais le modèle économique actuel est basé sur la production, la consommation, je vous renvoie d’ailleurs à mon précédent billet sur le sujet. La politique y joue son rôle selon les aspirations de chacun. Ce qui est nouveau depuis quelques années, c’est que ces politiques sont de plus en plus influencées par des groupes de pression, les lobby. C’est une pratique répandue dans le monde anglo-saxon, qui s’est largement développée en France et…. à la Commission européenne. Après vous avoir dressé les grandes lignes, venons au fait. Dans sa mise en place de son « Green Deal« , la Commission européenne a annoncé avoir choisi comme consultant l’entreprise BlackRock. En effet, l’entreprise américaine sera chargée d’étudier les facteurs environnementaux, sociaux, et de gouvernance dans la supervision bancaire par l’Union européenne. Ce qui est nouveau depuis quelques années, c’est que ces politiques sont de plus en plus influencées par des groupes de pression, les lobby

BlackRock est une entreprise américaine fondée en 1988 qui est spécialisée dans la gestion d’actifs. En gros, BlackRock gère un portefeuille de fonds d’investissement, fonds de pension et tous sortes de produits de la finance moderne. Souvenez-vous cet hiver, les médias en ont parlé un peu, car BlackRock s’est immiscé dans le débat des réformes des retraites. Dans ce contexte tendu, la multinationale s’est dite « favorable » à la capitalisation des retraites françaises (fonds de pension). Évidemment, la chose n’est pas désintéressée, pour preuve les nombreuses entrevues effectuées auprès du chef de l’État. 

Revenons sur son engagement par l’UE, donc je vous ai dit que BlackRock par le Financial Markets Avdisory (FMA) serait en sorte une conseillère dans le mode de supervision des banques dans le domaine climatique. Or, vous pouvez ignorer que parmi les clients de BlackRock, nous retrouvons des sociétés spécialisées dans les combustibles fossiles, mais également des grandes banques dont l’environnement est la dernière préoccupation (et j’en sais quelque chose). Ici, BlackRock serait juge et parti. Le Guardian, journal sérieux anglais, dénonce dans un article le conflit d’intérêt latent (lire l’article, en anglais). 

Que répondent les accusés ? Un des porte-paroles de la Commission européenne explique que l’offre de BlackRock était la meilleure, que leur étude ne serait qu’une « modeste » contribution à l’élaboration des politiques européennes liées à la problématique environnementale. Il assure également que le FMA fonctionnerait séparément de l’unité de gestion des investissements. Ouf ! Nous voilà rassurés. Quoique par le passé BlackRock a usé de son influence pour bloquer le progrès sur les questions environnementales. Pour schématiser, c’est comme si nous confions la fabrication d’une cuve pour une centrale nucléaire et le contrôle de sa certification par la même entreprise ! Impossible ! Détrompez-vous cela existe (consulter ici et ici) ! Pour aller plus loin, c’est comme si un constructeur automobile était le fabricant et le certificateur, évidemment il y a matière à dire qu’il y a conflit d’intérêt. C’est donc clairement la même situation qui se joue avec BlackRock et l’UE. 

Chacun verra midi à sa porte, bien sûr, je ne suis pas contre l’économie, je suis contre le capitalisme sauvage, le libéralisme qui gangrène nos sociétés où l’argent a bien plus de valeur que l’humain. Et BlackRock n’est que la face visible de ce phénomène. 

N’hésitez pas à vous documenter sur ce sujet, à vous faire votre propre opinion ! 

🎵 « C’est la monnaie qui dirige le monde, c’est la monnaie qui dirige la terre !« 

Le « beau bizarre »est parti…

C’est avec tristesse qu’on a appris aujourd’hui le décès du chanteur Christophe. Résumer l’artiste n’est pas chose aisée. Elle ne peut se résumer aux trois chansons phares qui lui collent à la peau (ndlr Aline, Les mots bleus, Les paradis perdus).

Christophe c’est plus que ça ! C’est les yéyé, c’est la discrétion, les productions plus expérimentales mais aussi un lien certain avec Alan Vega, Christophe savait cultiver sa sensibilité au sens large. La nuit, amie de ses obsessions musicales, lui permettait de travailler sans relâche jusqu’à atteindre la perfection.

Pour en savoir plus sur lui, d’une façon originale, je vous conseille d’écouter l’émission À la dérive (épisode 1 et épisode 2) d’Aurélie Sfez où le chanteur partageait un peu de son quotidien.

Dans cette crise sanitaire, il est bon de réécouter Les paradis perdus dont les mots, signés Jarre, résonneront à jamais comme une promesse dans la bouche de Christophe :

Peut-être un beau jour voudras-tu
Retrouver avec moi
Les paradis perdus

Travaillez ! Tas de fainéants !

Le confinement a parfois du bon, il permet d’effectuer un travail de réflexion, d’avancer sur des solutions pour améliorer la vie d’après. Clairement, il y a certaines personnes qui devraient s’abstenir. Je pense aux personnes qui composent deux entités : le gouvernement et le Medef, je rappelle que celui-ci est le plus puissant des syndicats du patronat. 

En pleine crise du Covid-19, ses dirigeants lancent un certain nombre d’idées sous couvert de solutions « innovantes » pour répondre à la crise. Leur stratégie est de profiter de cette crise pour attaquer les derniers acquis sociaux qui leur résistent. C’est dans l’optique de cette stratégie qu’un des ponte du Medef, Patrick Martin, propose, avec l’aval de la secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, que les salariés devront travailler plus pour compenser la perte des mois de confinement. En clair, le syndicat patronal et dans une autre mesure le gouvernement actuel veulent revenir sur le temps de travail à travers des moyens détournés : heures supplémentaires, suppression des jours de congés et de RTT. 

C’est clairement une attaque en règle du droit du travail, une idée provocatrice qui vise encore une fois à revenir sur des acquis sociaux régulièrement mis à mal depuis des années. Elle est autant insupportable dans le contexte actuel du fait que l’on demande déjà énormément aux salariés pour tenir l’économie à flot. Mais ne vous n’inquiétez pas pour eux, ils s’en moquent, l’argent est leur seul moteur dans un but d’un engrangement personnel et de satisfaction des actionnaires, ils affûtent leurs armes de prédilection. 

Revenons un peu sur les trois éléments stratégiques de leur idée, sur les heures supplémentaires qui sont les employeurs qui seront en meure de les payer, supprimer les jours de congés et les RTT, c’est abandonner la santé du salarié sur l’autel de la rentabilité et la compensation, ils ne pourront plus souffler et par conséquent ne plus assurer une productivité de qualité … C’est le serpent qui se mord la queue.  Il va s’en dire que le Medef est une entité qui protège par n’importe quel patronat, l’intérêt des petits patrons sont rarement pris en compte, mais si cela n’empêche pas un certain nombre à croire à leur sainte parole. D’ailleurs, il existe un paradoxe certain avec un autre syndicat puissant, la FNSEA (le syndicat des exploitants agricoles) qui est soutenue aveuglement par un grand nombre d’adhérents. 

Bref, dans ce joli monde le Medef voudrait revenir non pas aux temps des colonies, mais aux temps où le salarié était corvéable à souhait.

 Le monde d’après s’annonce joyeux !

Souriez ! vous êtes filmés !

Le gouvernement comme tous les français a marre du confinement, en tout cas il nous envoie des signes évidents de cette frustration. Le déconfinement est dans sa tête, du moins il prépare la sortie progressive de tous les français « sains ». Pour ce faire, il a étudié toute possibilité de modalités, regardé ce qui se faisait à l’étranger notamment dans les pays asiatiques. Et comme de par hasard, il aurait opté pour le traçage numérique

Il s’agit de détecter par le biais d’une application les malades afin de communiquer leur position à tous les utilisateurs « sains » de l’appli afin que ceux-ci ne croisent pas la route de l’infortuné malade. Afin d’édulcorer ce mode de déconfinement, le gouvernement aurait choisi le système utilisé à Singapour, c’est-à-dire une détection Bluetooth au lieu d’une détection par le réseau mobile comme la Chine l’a pratiqué. Ce mode de détection serait moins intrusif que le mode chinois assure t’on du côté des responsables. Et affirme que cela sera sur la base du volontariat afin de finir de nous rassurer. 

Je m’interroge cependant sur la mise en place de cette « bienveillance » numérique

Premièrement, je voulais attirer votre attention sur la notion du « moins intrusif », même si cela reste dans une moindre mesure, c’est une intrusion de notre liberté individuelle de toute évidence. 

Deuxièmement, dans une époque où on essaye de bannir toutes les discriminations, je vois là dans ce mode de détection, une nouvelle forme de discrimination, étatique, se mettrait en place dans la population dans l’ostracisation des malades comme se fut le cas avec les malades de la peste, de la lèpre voire du sida. 

Troisièmement, que deviendra l’application après cette crise, ne se transformera t’il pas en outil de contrôle de la population par le gouvernement pour gérer d’autres types de crises, on peut s’interroger sur cette supposition au vu du virage autoritaire que fait preuve le gouvernement actuel. Nous pouvons aller plus loin avec l’élection d’un parti aux idées radicales (suivez mon regard…) qui pourrait s’approprier l’application dans le but de contrôler l’ensemble de la population dans le quotidien, vous me direz quelle idée, je vous rappelle juste que le gouvernement chinois l’expérimente avec efficacité (le système de point social par exemple). 

Ce ne sont qu’est mes propres interrogations, mais rien ne vaut de faire votre propre idée, alors je vous conseille de vous informer sur diverses sources sur ce sujet, je peux vous conseiller le site de la Quadrature du Net qui est en pointe sur ces questions numériques, éthiques et morales. 

Mais rappelez vous, Big Brother is watching you !

Topette !!

Chouette on décroit !

Il se peut que cette info vous soit passée inaperçue, nous sommes techniquement en récession, c’est-à-dire que la croissance est négative. Le PIB, qui est l’indicateur de la croissance, a perdu 6 points. Il fallait bien que cela ça arrive avec une croissance faible, on l’estimez entre 0.5 et 1.5 %, donc à la moindre crise, c’est l’écroulement. 

Mon titre est certes provocateur, certain verrait et dirait que je blasphème pour reprendre le champ lexical de la religion, car oui la croissante est érigée en puissant dogme régnant sur l’économie moderne. Au cours des derniers siècles, plusieurs modèles économiques ont été testé et seul le capitalisme a résisté. En effet, il est le seul modèle où l’on peut toujours hiérarchisé les individus en fonction de leur revenu, ce qui entraîne un grand nombre d’inégalités. L’exemple, cliché par excellence vous me direz, se sont les États-Unis où les inégalités sont les plus criantes. D’ailleurs nous pouvons le voir avec l’échec de la politique de Trump où d’un relatif plein emploi, le pays est passé à 10 millions de chômeurs en temps record ! Ne nous réjouissons pas ce qui arrive à d’autres peut également nous arriver, car La France creuse le même sillon. 

Ce même sillon où la croissance est le chantre l’accroissement national et l’enrichissement de tous (gloups), sans alternative, on voit bien que ce modèle bat de l’aile à la moindre crise, obligeant l’État à intervenir en adoptant des mesures sparadraps. Il serait temps de changer de modèle, d’inventer un modèle plus vertueux, plus juste où la croissance ne serait plus l’indicateur de la bonne santé financière d’un état. On peut aller plus loin en parlant de décroissance comme certain le suggère. Revenir à une économie qui prend en compte les individus et non plus le fric, ni le capital. Nous pourrions imaginer une économie en harmonie avec l’environnement, prélever avec douceur ce que l’on a besoin par exemple. Je pense qu’il y a une foule, une multitude d’idées à trouver, à expérimenter, je ferais sûrement un article dessus dans le prochain jour. 

N’oubliez pas que le monde de demain se construit aujourd’hui ! 

Topette ! 

L’impossible envol

Nous abordons la quatrième semaine du confinement et j’ai l’impression que tout le monde va exploser. La première explosion a lieu sous nos fenêtres, dans nos jardins, sur nos balcons, la douceur et le beau temps marquent le retour du printemps, des beaux jours. Ce temps printanier nous nargue, se moque, nous toise du haut de toute sa beauté rendant notre impossible envol encore plus douloureux.

Patiente, mère de toutes les vertus ! Attendons des jours meilleurs, nos retrouvailles seront d’autant plus joyeuses, plus tactiles. Cette vertu n’est malheureusement pas la qualité de nos sociétés modernes prônant l’immédiateté en transformant l’instant présent à un banal produit de consommation.

L’explosion printanière n’est pas seulement dans nos jardins, dans notre physiologie, mais elle se trouve également dans notre (in)conscience de braver les interdits au risque de tuer tout espoir de monde meilleur.